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juin 04, 2011

URANIUM À ARLIT AU NIGER ET PRATIQUES DE LA FRANCE AFRIQUE ...



J’étais à Arlit au Niger, une petite ville tranquillement oubliée du reste du monde.
Idéale pour se purifier l'âme et les bronches...

J’ai été arrêté à Arlit au nord du Niger avec mon frère Malien, Alassane, avec lequel depuis Ouagadougou je voyageais. Nous avons été en garde à vue sous 50 degrés de chaleur sans pouvoir boire, manger, se laver et dormir durant 24 heures. Nous avons ensuite été expulsés de cette ville, manu militari, sur ordre officiel du préfet de cette même ville et sur ordres officieux de la société AREVA présente depuis 47 ans sur cette partie du Niger.

Nous avons donc quitté cette ville, sous escorte militaire, pour être livrés à la police d'Agadez. Le gouverneur d'Agadez avait déjà également prononcé notre expulsion de cette ville et ce n'est que grâce à l'humanité du commissaire d'Agadez et surtout à celle d'un inspecteur de ce même commissariat, conjuguée à ma ténacité pugnace, que nous avons obtenu de pouvoir nous reposer une nuit avant de repartir le lendemain matin dans les mêmes conditions, à savoir ; comme deux truands que l'on reconduit hors des frontières sous escortes d'hommes armés prêts à tirer au moindre faux pas.

C'est dans ces conditions que nous sommes arrivés à Niamey. Les autorités Françaises via le consul de France en place à l'ambassade de France présente dans cette ville qui, depuis Arlit, se tenait informé de mon sort et de celui de mon compagnon. Non pas pour autre chose que pour faire aboutir les « ordres » donnés depuis Paris. A Niamey, ce consul m'a prié de me présenter à l'ambassade. Je m'y suis rendu. Je suis un homme bien élevé (c'est de l'humour). Qu’ai-je entendu dans ce lieu entouré de barbelés tels les contours de Guantanamo ?

La propagande Sarkozienne que j'avais déjà entendu à Arlit à travers les hommes engagés par AREVA pour assurer la sécurité du site minier, à savoir : « Al-Qaïda du Maghreb est présent dans la région et, qui plus est, depuis la mort de son « leader » ces terroristes rendent la région extrêmement dangereuse ».

Certes, les concernant, il y a potentiellement des risques pour les ressortissants Français qui s'aventurent dans cette zone, mais également des risques car AREVA est un Etat dans l'Etat Nigérien et que cette société d’exploitation d’uranium ne souhaite surtout pas que des personnes viennent à la rencontre de la population d’Arlit.
Pourquoi ?

La réponse tient en, ne serait-ce, qu’un rapport de la CRIIRARD. Selon ce rapport, consultable et téléchargeable sur le site de la CRIIRAD : www.criirard.org, la population de la ville d'Arlit au Niger, constituée de 80 000 personnes est exposée à un danger de mort, ainsi que l'environnement écologique de cette zone. Note CRIIRAD 8-02 du 30 janvier 2008

Nous nous sommes cachés dans Niamey sans savoir si nous pourrions quitter cette ville en vie. Eh oui, on ne plaisante pas avec le « leader mondial » du nucléaire comme aime le clamer, haut et fort, les dirigeants d’AREVA. En effet, les barbouzes d’AREVA à Arlit rodaient, ici à Niamey, nous les avions vu non loin de là où nous logions.

La ligue des droits de l'homme au Niger, à Bamako et à Paris est désormais prévenue et a ouvert un dossier pour convoquer les personnes et entités commerciales qui ont agit en pensant qu’elle possédaient tous les droits, y compris celui de disposer de la vie de deux hommes en parfaite légalité.

Alassane et moi avons été balancés aux autorités officielles et officieuses nigériennes et françaises, par un homme supposé représenter la société civile et, par ailleurs, employé au sein de la société AREVA.
Cet homme avec lequel j’étais en contact depuis Paris m'avait dit vouloir témoigner de la catastrophe humaine de la ville d’Arlit contaminée par, entre autre, l’uranium contenu dans la nappe phréatique qui alimente cette ville, laquelle comptent 80 000 personnes. Il en est de même pour l’environnement de cette région où 45 000 tonnes de déchets radioactifs trônent à ciel ouvert, chargeant l’air de particules radioactives transportées facilement dans cette région soumise à des vents.

Cet homme sera convoqué devant un tribunal pour rendre des comptes sur ses actes qui n'ont pas uniquement mis en danger la vie d'Alassane et de moi, mais, ce qui est plus beaucoup plus grave, ses actes mettent en danger les 80 000 personnes de la ville d'Arlit, les Touaregs vivants dans cette partie géographique du Niger et l'environnement pollué par la société AREVA.

Il est désormais signalé auprès de La Ligue des Droits de l'Homme du Niger à Niamey auprès desquels j'ai déjà porté plainte, ainsi que contre les autorités nigérienne d'Arlit, d’Agadez et de Niamey. La société AREVA et le ministère des affaires étrangères français répondront, également, de leurs actes devant un tribunal international.

Association nigérienne pour la défense des droits de l'homme
Site web : wwwanddh-niger.org
Avenue de la Corniche Gamkal

Le prétendu représentant de la société civile de la ville d’Arlit est signalé auprès de l'association nigérienne que préside Madame Bagna, laquelle Lutte contre la Corruption au Niger, vaste programme… Un dossier est également ouvert au sein de cette structure.

De même pour ce qui est du « ROTAB-PWYP-NIGER » et de son coordinateur national, Monsieur Ali Idrissa qui, du reste, connaissait le double jeu que jouait le prétendu représentant de la société civile de la ville d’Arlit.
« Rotab-Pwyp-Niger » Réseau des organisations
pour la transparence et l'analyse budgétaire au Niger.

avril 20, 2011

FAITES CIRCULER CES INFORMATIONS, S'IL VOUS PLAIT, IL Y VA DE LA VIE DE MILLIERS D'INNOCENTS DU BURKINA FASO

Thomas SANKARA

5 eme président de la république du Burkina Faso

Né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta

Assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso


La chose n'est pas nouvelle, les médias, censées nous informer de l'actualité dans le monde, nous mentent au risque d'abandonner les populations en détresse, préfèrerant minimiser la réalité, sauf parfois l'un d'entre eux tel que Jeune Afrique.

J'en veux pour preuve, la situation politique au Burkina Faso où j'étais la semaine passée.


Tandis que les cinglés de soldats pillaient les commerces du centre ville de Ouagadougou, volaient manu militari les véhicules des particuliers, violaient et terrorisaient la population chaque soir, aucun média n'en parlait dans le détail !


Je précise qu'à l'heure où je redige cet article, trois villes supplémentaires se retrouvent dans la même situation !!!


Mon frère et moi sommes partis après la première nuit où a éclater la mutinerie à Ouagadougou. L'ambassade de FRANCE refusait de me tenir informer de la situation sous prétexte que je n'étais pas résident, mais simple touriste ! Eh oui, SARKOZY n'a-t-il pas défendu aux touristes d'aller dans certaines zones du Mali, jouant sur la prétendue sécurité de Français à l'étranger.


Lorsqu'après avoir fait le guet toute la nuit sur le toit de la maison où je me trouvais, pour assurer la sécurité de la famille Burkinabé dans laquelle j'étais, j'ai appelé l'ambassade l'ambassade de FRANCE à Ouagadougou pour connaître la situation de la ville après une nuit de tirs en l'air de mitrailleuses et autres armes plus lourdes, une truffe Française m'a répondu qu'elle ne pouvait m'informer parce que j'étais TOURISTE et non RÉSIDENT ! LA BONNE BLAGUE !!!


Le QUAI D'ORSAY que j'ai appelé depuis Ouagadougou arrondissait les angles en me disant que c'était inadmissible de la part de l'ambassade de FRANCE et qu'il me tiendrait, eux, informer.


Ce n'est que lorsque j'étais en route pour le Mali qu'un sbire m'a rappelé pour me dire qu'il fallait ne pas bouger de la ville de et puisque je lui disais que je sortais de la ville de Ouagadougou en voiture, il m'assurait qu'il me rappellerait, en ajoutant d'être prudent : Gentil le mec, pas du tout faux-cul, réellement préoccupé !!!


Le QUAI D'ORSAY ne m'a jamais rappelé. Rien d'étonnant à cela, juste de la communication malhonnête comme souvent de la part de cette institution sous présidence SARKOZIENNE.

Depuis, je ne cesse d'entendre, non pas de la part de RFI, de France 24, mais d'amis vivants à Ouagadougou que les choses empirent.


janvier 29, 2011

LES ENFANTS DU PARADIS

" PARIS EST TOUT PETIT POUR CEUX QUI S'AIMENT
COMME NOUS D'UN AUSSI GRAND AMOUR "






janvier 16, 2011

AFIN NE PAS OUBLIER LE FAMEUX FUMEUX DISCOURS DE NABO LÉON L'AFRICAIN À DAKAR



DISCOURS DU PRESIDENT, NABOLÉON, DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE

Université de Dakar – Sénégal

Jeudi 26 juillet 2007

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de remercier d’abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Permettez-moi de remercier l’université de Dakar qui me permet pour la première fois de m’adresser à l’élite de la jeunesse africaine en tant que Président de la République française.

Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains.

Entre le Sénégal et la France, l’histoire a tissé les liens d’une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié est forte et sincère. C’est pour cela que j’ai souhaité adresser, de Dakar, le salut fraternel de la France à l’Afrique toute entière.

Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique.

Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer.

Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour pleurer avec vous sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.
Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, pour m’apitoyer sur votre sort parce que votre sort est d’abord entre vos mains. Que feriez-vous, fière jeunesse africaine de ma pitié ?
Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.
Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, ce fut un crime contre l’humanité toute entière.

Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit de l’un d’entre eux qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir, je veux le dire ici à Dakar, a le visage de tous les hommes du monde.

Cette souffrance de l’homme noir, je ne parle pas de l’homme au sens du sexe, je parle de l’homme au sens de l’être humain et bien sûr de la femme et de l’homme dans son acceptation générale. Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.

Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler de repentance. Je suis venu vous dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu vous dire que votre déchirure et votre souffrance sont les nôtres et sont donc les miennes.

Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et au-delà de cette souffrance.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.
Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble l’avenir.
Je suis venu, jeunes d’Afrique, regarder en face avec vous notre histoire commune.

L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. On s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de vos ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de vos pères. Ils ont dit à vos pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.
Ils ont eu tort.

Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés, qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.
Ils ont eu tort.

Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.
Ils ont eu tort.

Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.
Ils ont eu tort.

Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre. Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la crainte de l’avenir.

Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu féconde des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien. Ils se trompaient mais certains étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes bien plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.

La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution.

Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.
La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son cœur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.
La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur.
La colonisation fut une faute qui a changé le destin de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.

Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.

Nul ne peut faire comme si rien n’était arrivé.
Nul ne peut faire comme si cette faute n’avait pas été commise.
Nul ne peut faire comme si cette histoire n’avait pas eu lieu.

Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’homme européen.

Jeunes d’Afrique, vous êtes les héritiers des plus vieilles traditions africaines et vous êtes les héritiers de tout ce que l’Occident a déposé dans le cœur et dans l’âme de l’Afrique.
Jeunes d’Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation européenne vous appartient aussi.
Jeunes d’Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu’elle est une maladie, une maladie de l’intelligence, et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.
Jeunes d’Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d’une part de vous-même. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme.
Je veux vous dire, jeunes d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture. Car, pour ce qui est de l’art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique.

L’art moderne doit presque tout à l’Afrique. L’influence de l’Afrique a contribué à changer non seulement l’idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.

Je veux donc dire, à la jeunesse d’Afrique, que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen.

C’est en puisant dans l’imaginaire africain que vous ont légué vos ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui, depuis l’aube des temps, se transmettent et s’enrichissent de génération en génération que vous trouverez l’imagination et la force de vous inventer un avenir qui vous soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où vous vous sentirez enfin libres, libres, jeunes d’Afrique d’être vous-mêmes, libre de décider par vous-mêmes.

Je suis venu vous dire que vous n’avez pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne vous tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.
Je suis venu vous dire que l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec la nature depuis des millénaires.
Je suis venu vous dire que cette déchirure entre ces deux parts de vous-mêmes est votre plus grande force, et votre plus grande faiblesse selon que vous vous efforcerez ou non d’en faire la synthèse.
Mais je suis aussi venu vous dire qu’il y a en vous, jeunes d’Afrique, deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.
Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-mêmes forment votre identité déchirée.

Je ne suis pas venu, jeunes d’Afrique, vous donner des leçons.
Je ne suis pas venu vous faire la morale.
Mais je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne.
Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles.

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“En visite d’Etat au Sénégal, Sarkozy fait la leçon aux Africains”, déclarait le 27 juillet en Une le journal Walfadjri ( © AFP )

Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.
Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.
Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout semble être écrit d’avance.
Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.
Le problème de l’Afrique et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter et d’épouser sa propre histoire.
Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé.
Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance.
Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.
Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l’Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde.
Le problème de l’Afrique, c’est de rester fidèle à elle-même sans rester immobile.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement.
Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines.
C’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.
C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.
Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement est mortel.

Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.

La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher, l’Afrique, ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais, de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant à son tour. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.

La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, au-delà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les cœurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire.

Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.
Ne vous laissez pas, jeunes d’Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d’une histoire qui vous appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.
N’écoutez pas, jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre votre part dans l’aventure humaine, parce que sans vous, jeunes d’Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l’aventure humaine sera moins belle.
N’écoutez pas jeunes d’Afrique, ceux qui veulent vous déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire.

Ecoutez plutôt, jeunes d’Afrique, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.
Il disait, lui l’enfant de Joal, qui avait été bercé par les rhapsodies des griots, il disait : « nous sommes des métis culturels, et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s’adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».
Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits -si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d’un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ».
Ainsi parlait Léopold Senghor qui fait honneur à tout ce que l’humanité comprend d’intelligence. Ce grand poète et ce grand Africain voulait que l’Afrique se mit à parler à toute l’humanité et lui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.

Ces poèmes étaient des chants qui parlaient, à tous les hommes, d’êtres fabuleux qui gardent des fontaines, chantent dans les rivières et qui se cachent dans les arbres.
Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres.
Des poèmes qui faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu’aux sources de la mémoire ancestrale que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l’adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l’enfance.

Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent, où il cherchait non à dominer l’univers mais à vivre en harmonie avec l’univers. Temps de la sensation, de l’instinct, de l’intuition. Temps du mystère et de l’initiation. Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. C’est le temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Le temps de la parole qui était grande, parce qu’elle se respecte et se répète de génération en génération, et transmet, de siècle en siècle, des légendes aussi anciennes que les dieux.

L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu’ils avaient partagé la même enfance. L’Afrique en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin, ce besoin auquel je crois moi-même tant, ce besoin de croire plutôt que de comprendre, ce besoin de ressentir plutôt que de raisonner, ce besoin d’être en harmonie plutôt que d’être en conquête.

Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceux-là ont oublié que la Grèce antique qui nous a tant appris sur l’usage de la raison avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore, aujourd’hui, un inestimable trésor de sagesse humaine.

L’Afrique qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques, en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait crû et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter.

Alors entendez, jeunes d’Afrique, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blanc–et-noir ».
Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique, et ne regardez plus, comme l’ont fait trop souvent vos aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour votre identité mais la civilisation mondiale comme quelque chose qui vous appartient aussi.

Dès lors que vous reconnaîtrez dans la sagesse universelle une part de la sagesse que vous tenez de vos pères et que vous aurez la volonté de la faire fructifier, alors commencera ce que j’appelle de mes vœux, la Renaissance africaine.
Dès lors que vous proclamerez que l’homme africain n’est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que, partout en Afrique, il ne saurait y avoir d’autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous, jeunes d’Afrique, vous déclarerez qu’il ne saurait y avoir d’autres finalités pour une politique africaine que l’unité de l’Afrique et l’unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.
Dès lors que vous regarderez bien en face la réalité de l’Afrique et que vous la prendrez à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.

Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique.

La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.
La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop de misère.
La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la violence.
La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux.
La réalité de l’Afrique, c’est un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.
La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes.

La Renaissance dont l’Afrique a besoin, vous seuls, Jeunes d’Afrique, vous pouvez l’accomplir parce que vous seuls en aurez la force.
Cette Renaissance, je suis venu vous la proposer. Je suis venu vous la proposer pour que nous l’accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde.

Je sais l’envie de partir qu’éprouvent un si grand nombre d’entre vous confrontés aux difficultés de l’Afrique.
Je sais la tentation de l’exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.
Je sais ce qu’il faut de volonté, ce qu’il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l’on est né, où l’on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l’on a été heureux, l’amour d’une mère, d’un père ou d’un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique.
Je sais ce qu’il faut de force d’âme pour affronter le dépaysement, l’éloignement, la solitude.
Je sais ce que la plupart d’entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques.
Je sais qu’ils iront parfois jusqu’à risquer leur vie pour aller jusqu’au bout de ce qu’ils croient être leur rêve.

Mais je sais que rien ne les retiendra.
Car rien ne retient jamais la jeunesse quand elle se croit portée par ses rêves.
Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère.
Je crois que la jeunesse africaine s’en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde.
Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l’aventure et du grand large.
Elle veut aller voir comment on vit, comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs.

L’Afrique n’accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. Mais l’Afrique a besoin de sa jeunesse.
La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre.
La jeunesse africaine doit avoir le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance.
Alors, je sais bien que la jeunesse africaine, ne doit pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Elle ne peut pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi.
Elle doit pouvoir acquérir, hors, d’Afrique la compétence et le savoir qu’elle ne trouverait pas chez elle.

Mais elle doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu’elle aura développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres. Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l’Afrique a besoin pour se développer.
Ce que veut la jeunesse africaine c’est de ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec votre vie.
Ce que veut la jeunesse d’Afrique, c’est que sa dignité soit préservée.
C’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité. L’Afrique ne veut pas d’aide. L’Afrique ne veut pas de passe-droit.
Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect.
Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, ce n’est pas que l’on décide à sa place.
Ce que veut l’Afrique est ce que veut la France, c’est la coopération, c’est l’association, c’est le partenariat entre des nations égales en droits et en devoirs.

Jeunesse africaine, vous voulez la démocratie, vous voulez la liberté, vous voulez la justice, vous voulez le Droit ? C’est à vous d’en décider. La France ne décidera pas à votre place. Mais si vous choisissez la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France s’associera à vous pour les construire.
Jeunes d’Afrique, la mondialisation telle qu’elle se fait ne vous plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire.
Jeunes d’Afrique vous croyez que le libre échange est bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Vous croyez que la concurrence est un moyen mais que ce n’est pas une fin en soi. Vous ne croyez pas au laisser-faire. Vous savez qu’à être trop naïve, l’Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela vous ne le voulez pas. Vous voulez une autre mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de justice, avec plus de règles.

Je suis venu vous dire que la France la veut aussi. Elle veut se battre avec l’Europe, elle veut se battre avec l’Afrique, elle veut se battre avec tous ceux, qui dans le monde, veulent changer la mondialisation. Si l’Afrique, la France et l’Europe le veulent ensemble, alors nous réussirons. Mais nous ne pouvons pas exprimer une volonté votre place.
Jeunes d’Afrique, vous voulez le développement, vous voulez la croissance, vous voulez la hausse du niveau de vie.

Mais le voulez-vous vraiment ? Voulez-vous que cesse l’arbitraire, la corruption, la violence ? Voulez-vous que la propriété soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ? Voulez-vous que l’État se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités, qu’il domine les corporatismes ? Voulez-vous que partout règne l’État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des autres ?

Si vous le voulez, alors la France sera à vos côtés pour l’exiger, mais personne ne le voudra à votre place.

Voulez-vous qu’il n’y ait plus de famine sur la terre africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n’y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherchez l’autosuffisance alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L’Afrique a d’abord besoin de produire pour se nourrir. Si c’est ce que vous voulez, jeunes d’Afrique, vous tenez entre vos mains l’avenir de l’Afrique, et la France travaillera avec vous pour bâtir cet avenir.

Vous voulez lutter contre la pollution ? Vous voulez que le développement soit durable ? Vous voulez que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Vous voulez que chacun paye le véritable coût de ce qu’il consomme ? Vous voulez développer les technologies propres ? C’est à vous de le décider. Mais si vous le décidez, la France sera à vos côtés.
Vous voulez la paix sur le continent africain ? Vous voulez la sécurité collective ? Vous voulez le règlement pacifique des conflits ? Vous voulez mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? C’est à vous, mes amis africains, de le décider . Et si vous le décidez, la France sera à vos côtés, comme une amie indéfectible, mais la France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d’Afrique.
Vous voulez l’unité africaine ? La France le souhaite aussi.
Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c’est-à-dire le développement partagé.
La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité et avec respect.
Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.
Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique.

A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l’Union Méditerranéenne que la France a proposé à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que, dans l’esprit de la France, il ne s’agit nullement de mettre à l’écart l’Afrique, qui s’étend au sud du Sahara mais, qu’au contraire, il s’agit de faire de cette Union le pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu’Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble.

Alors, mes chers Amis, alors seulement, l’enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura et comprendra qu’il peut lever la tête et regarder avec confiance l’avenir. Et cet enfant noir de Camara Laye, il sentira réconciliées en lui les deux parts de lui-même. Et il se sentira enfin un homme comme tous les autres hommes de l’humanité.

Je vous remercie.

Nabo Léon l'Africain


Que c'est beau l'amitié entre les peuples !
Plus particulièrement lorsque Naboléon témoignait son soutien à Ben Ali

décembre 26, 2010

COMMENT NABOLEON ET SA CLIQUE CASSENT LA SAISON TOURISTIQUE AU MALI



Le gouvernement Français a déconseillé aux Français de se rendre au Mali sous peine d'être enlevés par le Grand Méchant Loup-Loup Ben Laden qui, comme chacun le sait, est tout comme Naboléon omniprésent sur tous les continents. Et, qu'est-ce qu'il fait Beni Oui-Oui (pour les intimes) ? Il torture méchamment les vilains Français qui osent se promener au Mali. Ensuite il les fait cuire à la broche et se les tape en morceaux intercalés par des moitiés d'oignons. Le tout accompagné de riz, de mille et arrosé de thé à la menthe.

C'est pourquoi le gouvernement Français à mis le paquet en communication affolante " Les autorités françaises rappellent qu’elles déconseillent formellement tout déplacement dans les zones signalées en rouge. Ces zones sont situées au nord d’une ligne Gogui - Nioro - Nara - Nampala - Lere - Niafunke - Fleuve Niger jusqu’à la frontière avec le Niger, y compris les villes de Tombouctou, Gao et Ouatagouna "

Il est vrai que m'étant baladé de Mopti à Tombouctou par la route en m'arrêtant dans de nombreux villages pour aller à la rencontre des villageoises et villageois, et pour le retour par le fleuve de Tombouctou à Gao, en accostant pour la nuit sur les bords du fleuve Niger et en rencontrant chaque soir les nomades qui y vivent, il est vrai, disais-je, que j'ai eu le loisir de mesurer le danger qui règne dans cette région. Nabolèon et ses esclaves parlent de " zone rouge ", ce qui me rend vert puisqu'à partir de cette intoxication médiatique peu de Français osent prendre la route vers le Mali ! Si encore il ne s'agissait que de mon changement de couleur, le fait ne serait pas très grave, mais il s'agit concrètement de la troisième économie du Mali pour parler des revenus que génère le tourisme; ce qui, en clair, signifie que des milliers de Maliennes et Maliens, hôteliers, restaurateurs, guides, chauffeurs, vendeurs et autres personnes liés au tourisme sont en danger !!!

A l'heure où la France ripaille à tout va, pour soi-disant célébrer la naissance du petit Jésus, des milliers de familles Maliennes n'ont rien à se mettre sous la dent, voire pire pour les nourrissons et les vieillards.

Après son discours raciste de Dakar à l'université Cheikh Anta Diop, Naboléon continue de "soigner" l'Afrique !

"Ainsi l’impérialisme, tel le chasseur de la préhistoire, tue d’abord spirituellement et culturellement l’être, avant de chercher à l’élimener physiquement. La négation de l’histoire et des réalisations intellectuelles des peuples africains noirs est le meurtre culturel, mental, qui a déjà précédé et préparé le génocide ici et là dans le monde "
Cheikh Anta Diop

octobre 04, 2010

septembre 29, 2010

DANGEREUSE REMINISCENCE DES ANNÉES NOIRES ....

DRÔLE D'ÉPOQUE ÉPIQUE ET GRAVE !
C'EST INCROYABLE CE QUE L'HISTOIRE SE RÉPÈTE DANS LES HORREURS LES PLUS HAÏSSABLES


août 17, 2010

LA CHASSE AUX HOMMES EST OUVERTE EN FRANCE

NABOLÉON PAR EN GUERRE CONTRE LES ROMS

QUE LES FRANÇAIS SE SOUVIENNENT D'UNE ÉPOQUE PEU
GLORIEUSE, UNE ÉPOQUE SOMBRE JAMAIS ENSEIGNÉE
AU PROGRAMME D'HISTOIRE DES ÉCOLES DE FRANCE.
ET POURTANT !

CE QUI SE DÉROULE AUJOURD'HUI POUR DES MILLIERS
DE FAMILLES DE ROM EST MONSTRUEUX.

avril 23, 2010

Sans la musique, la vie serait une erreur


© Michel BONY 2010
Mohamed s'occupe d'entretenir à chaleur constante le four d'un des nombreux hammams de Marrakech. Musicien Gnaoua, attaché aux valeurs du soufisme, il est d'une sérénité que peu d'hommes atteignent...


janvier 19, 2009

L'AMOUR AVEC HUMOUR . . .


Persuadée d’être belle au point de se croire fatale, elle arborait en toute saison une chemisette moulante qui laissait apparaître une poitrine impudente qu’elle s’était fait offrir par un homme amoureux qui, l’entendant se plaindre de ne pouvoir se plaire, déboursa une belle somme pour deux prothèses mammaires.


Son piercing au nombril et le tatouage sur sa croupe lui offraient l’illusion d’une très forte séduction. À grand renfort d’ultra violement trop violet, elle peaufinait le crépi de sa façade qui ne cessait de se craqueler. Elle aurait adoré qu’on puisse la confondre avec l’une de ces reines qui vivent dans le désert. Elle était née à côté de Bourg la Reine, ce qui n’évoque en rien les étendues arides du pays des gazelles. Concernant, les voyages, elle n’avait que rarement dépassé les frontières d’une banlieue qui manque d’air. Elle vivotait dans une triste existence, une vie étriquée qu’elle aurait aimé pleine mais qui, depuis toujours, s’étirait de vide en vide.

Je ne peux pas dire qu’elle brillait par son intelligence. La seule chose qui la maintenait en éveil était une très ancienne histoire dont elle se délectait et dont, hardiment, elle grattait les plaies. La capacité qu’elle possédait à s’être réinventé un passé traumatique était ce qui la sauvait de l’ennui autant que ce qui l’amena à sa perte ; j’y viendrais le moment venu, on ne peut pas être partout à la fois. En m’annonçant, à brûle-pourpoint, quelques heures après notre première rencontre : « j’ai été violée par un de mes oncles de six à seize ans », elle m’apparut pathologiquement très atteinte, mais surtout taraudée par un mal qui n’avait aucun rapport avec ce viol présumé. Je compris plus tard, non pas sa douleur puisqu’elle n’en avait pas, mais la mienne ; celle de l’avoir croisée un certain temps, si court fut-il. Il est des hominidés qu’il est préférable de toujours éviter et elle en fait partie.

Tout commença au vernissage d’un peintre sans talent dont la prétention était, quant à elle, sans limite. Si le ridicule tuait, il serait mort sur place. Elle semblait avoir quelque chose à voir avec lui, tant la frénésie qui la convulsait ce soir là pouvait laisser entendre qu’elle s’occupait de lui. J’appris plus tard, qu’en fait, c’est lui qui se chargeait d’elle en la sautant à la hussarde, entre femme et enfants qui ne devaient pas apprendre que « Monsieur mon époux et le papa chéri » était un piètre morpion accroché aux poils de la misère du sexe d’une idiote qui tentait de faire coïncider l’écartement de ses jambes avec l’ouverture des portes d’une prétendue célébrité. Une des plus anciennes pratiques de ce bas monde si bas...

J'avais échoué ici comme on se perd parfois sans même savoir pourquoi. Toujours est-il que j’y étais et plus que jamais... À peine étais-je en vue des bien tristes bipèdes déjà en faction, un verre de mauvais vin à la main et le regard « bovinement » inquisiteur, que la crétine que je nommerais Erreur, rapport à son vrai patronyme et à ce qui suivra, se précipita dans ma direction d’une démarche mal assurée, laissant entendre qu’elle piétinait parfaitement à côté de ses pompes. Le corps ne ment pas à qui sait l’observer. Ce que j’eus tout le loisir de faire durant les sept mètres qui la séparaient de moi. J’eus le temps de voir que les vêtements qu’elle portait en l’honneur des horreurs accrochées au mur de cette galerie signalaient une absence désespérante de goût quant au mélange de matières, à la disharmonie des couleurs, lesquelles auraient faire hurler de rage Van Goth s’il avait vu un tel désastre. Elle souhaitait très certainement être chic, mais, sans tact, elle produisait un choc. Il y a bien longtemps que je suis passé maître dans l’art d’être d’une espèce d’empathie oculaire avec mes semblables, surtout celles et ceux si peu semblables, à tel point qu’il leur semble me connaître. Ce fut le cas.

« Je me présente, Dominique Erreur, responsable de la galerie. Vous êtes... ? ». Etant donné, l’état de la chose, entendez ce monument d’obscénité doublé de l’aplomb tremblotant des bipèdes qui n’ont rien d’autre à faire que de vendre leur âme, je m’inventais un nom et lui répondis : « Maximilien Blum ». Il est vrai qu’avec un nom comme celui-ci, j’introduisais dans ce cerveau inculte une confusion qui, une fois le sourire de circonstance passé, lui griffa le front de rides propres aux gens sales qui feignent de connaître tout le monde : « votre nom me dit quelque chose... nous ne nous sommes pas déjà rencontré ? » me dit-elle. Je ne me fis pas attendre pour lui dire que mon père n’était autre que Léon Blum. Et là, tandis que je m’apprêtais à être immédiatement déporté pour usage d’humour dans un lieu pudique, cette conne me dit : « Mais oui..., c’est cela ! Comment va-t-il ?! Je pense souvent à lui et me promets sans cesse de l’appeler, mais vous savez ce que c’est... » Il est dans la vie des instants inouïs ou l’on souhaiterait ne jamais être né, pour ne pas avoir à évaluer l’immensité effarante qui vous sépare d’avec certains autres qui, afin d’exister, ne font pas appel aux fonctions d’un cerveau, mais uniquement à celles de la moelle épinière d’une colonne vertébrale de reptile arriéré.

C’était le cas de ce déchet et de son patronyme qu’elle portait admirablement, puisque qu’à une lettre près, il répondait à celui de « Erreur ». Cette dernière accusait une mythomanie sévère. Elle s’embourbait dans de scabreux mensonges qu’elle étalait y compris à ceux qui ne souhaitaient pas l’entendre et j’en étais. Pour quelle raison, te demanderas-tu lecteur, inventer de l’affreux lorsque la vie est déjà parfois suffisamment pesante ? Cela tient à la constitution psychique de ces êtres larvaires qui n’est pas des plus saines. Le besoin de perversion se logeant au sein de ces personnalités schizophrènes a vite fait de les entrainer vers des mondes qui, s’ils n’existent pas dans notre réalité, n’en sont pas moins réels dans l’esprit de ces dingues.

Je m’égare, mais je reviens illico à ce que je vous disais, à savoir : Léon Blum est vivant !

Je l’écoutai donc me débiter des conneries en tout genre allant jusqu’à prétendre que les croûtes suintant aux murs de cette galerie étaient l’œuvre d’un grand peintre qui s’ignore qu’elle conseillait artistiquement. Ce à quoi je lui dis que le « PD » - ce sont les initiales du croûteux en question - devrait non seulement s’ignorer mais surtout ignorer totalement l’art pictural sous toutes ses formes, y compris le gribouillage compulsif auquel on s’adonne en patientant au téléphone, lorsque ce n’est pas au p’tit coin en attendant que ça vienne. Elle me sourit vigoureusement ce qui, grâce à la précipitation forcée de ses zygomatiques, fit apparaître sur son visage de futures bajoues prometteuses de bouffissures. Lesquelles sont aisément repérables chez celles et ceux qui, à coup de tord-boyaux, d’anxiolytiques ou de fumeries de substance se rapprochant plus de la célèbre marque de pneus « Good Year » ont tenté d’étouffer leurs angoisses durant des lustres ; tout n’est qu’histoire de temps. Son sourire contrefait fendit son visage de gauche à droite et sa vilaine bouche découvrit des couronnes dentaires de mauvaise qualité et un bien vilain trou au niveau d’une prémolaire manquante, la 27 me semblait-il.

Je ne bois plus depuis l’âge de sept ans. Il m’était donc impossible de fuir cette fiente en m’envoyant quelques verres de mauvais vin. Ne souhaitant pas verser dans l’affligeant, je la priai de bien vouloir me pardonner quelques instants, lui susurrant que de connaître l’endroit le plus intime me serait bien utile.

C’est confortablement assis sur le couvercle rabaissé de la cuvette des chiottes de cette galerie minable précautionneusement protégé de papier toilette que je précise, qu’en ce qui concerne la défonce, notre malade mentale aurait mérité une médaille de je ne sais quel institut de recherche sur les cerveaux lents, si ce n’est trois mots écumant le sentimentalisme dans le journal paroissial d’une association « carlitative » œuvrant pour la toxicomanie des pauvres d’esprit qui ne verront la lumière divine qu’à travers les fissures de leur bocal fêlé. Depuis plus de vingt ans, il ne se passait pas un jour sans qu’elle ne consomme du mauvais vin, des anxiolytiques ou des substances plus proches du caoutchouc industriel que du kif Marocain de la vallée du Rif. Souvent, cette Erreur génétique poussait le vice et les limites neurologiques acceptables en utilisant tout à la fois. Ce qui l’amenait à ne plus être sur le plancher des vaches, mais à être une grosse vache plantée au milieu d’une galerie. Avant de retourner auprès de ce gnome, je te dois, cher lecteur, quelques explications quant à mon comportement vis à vis de l’espèce humaine en général et de ce bovidé en particulier. Faute de quoi, tu pourrais allouer de bien mauvaises pensées à mon humble personne humblement serviteur de ton plus grand plaisir et cela reposerait sur un malentendu que je veux dès maintenant écarter.

En ce qui concerne les pathologies psychiatriques avec lesquelles certains bipèdes se sont acoquinés, j’ai très tôt éprouvé une passion à tenter de les cerner autant que d’en comprendre les causes. Cela débuta avec ma charmante mère. Je m’explique. Tandis que je flottais encore dans sa soupe utérine, elle me transmit quelques prémices de ce qui allait être une sorte de mission pour le reste de mes jours. Triturant l’intérieur de sa matrice afin d’écourter mon éthique existence, elle chercha à ce que j’effectue, sans posséder ni bras ni jambes, un sublime plongeon dans la flotte des toilettes. Elle m’enseigna sans le vouloir et sans le savoir, l’art de survivre aux secousses les plus vives. Avec la bienveillance malsaine de la concierge, vestale de la porte des guogues, ma mère se livra aux joies du maniement des aiguilles à tricoter appliquées à l’avortement sauvage en milieu urbain tandis que la ville vit. Cette résurrection aquatique me tonifia pour ma sortie aérienne à la clinique Tarnier. J’irais même jusqu’à affirmer que les fracas internes sur un fœtus en formation peuvent le conduire soit à mourir et nous le savons de Marseille, soit à survivre. S’il survit, il peut être constitué d’un psychisme vis à vis duquel les plus féroces attaques ne viendront pas à bout. Que ce soit la violence des êtres qui l’entourent, à commencer par sa propre génitrice, l’ignominie des programmes télévisuels ou la hargne d’un « Naboléon » tel qu’en use notre actuel Tsar Kozy.

Mon premier cas clinique fut l’étude psychopathologique de ma daronne dégagée de ses obligations maternelles. Elle estimait, droite sur ses talons aiguilles, devoir détruire les enfants qu’elle n’avait pas désirés. Sur cinq, nous étions deux, en arrivant au port, à en faire les frais. Quant aux autres, ils devinrent les spectateurs terrorisés par cette Médée d’un genre particulier... Rappelons que sur le ring, il y avait de temps à autres mon père. Un homme bon qui, pour ne pas devenir dingue, se tuait à la tâche, préférant être l’esclave d’un boulot qui finit par l’abattre. Tel un boxeur sonné par trop de coups répétés - le boxeur qu’il avait été en réalité - il s’éteignit sans plus aucune mémoire face à son ultime et coriace adversaire, le géant Al Zheimer, qui le laissa « Knocked out » dans un hôpital bien peu hospitalier, sur le tapis d’une « unité de soin » totalement désunie baptisée du nom de « Mozart ». Pauvre Wolfgang, pauvre Amadeus, pauvre flûte désenchantée...

Je suis obligé de céder la place, cela fait un moment qu’un petit nerveux agite la poignée des chiottes. Il semblerait que le buffet du vernissage ait un effet redoutable sur les vessies ou les intestins des convives. Je retourne dans mon laboratoire d’études chercher l’Erreur.

Elle est bien évidemment toujours là, bien que lasse la mégère. Avachie sur un canapé, elle éructe son pinard et exorbite des yeux rouges bordés de conjonctivite aigüe qui traduisent en couleur, la mauvaise qualité des joints qu’elle est allée fumer en douce.

A peine m’aperçoit-elle qu’elle tente de se redresser, mais les lois de la gravité associées à celles de l’équilibre l’étendent de tout son long sous les regards vitreux des derniers alcooliques qui refaisaient le monde qui les a bien défaits. Je tourne les talons et me redirige vers les toilettes, feignant d’y avoir oublié des effets personnels. Je compte jusqu’à trente et je reviens. Tout est dans l’ordre. L’Erreur est verticale, toute tâchée, certes, mais sans blessures. Je m’approche d’elle pour la saluer en prétextant que les enfants que je n’ai pas m’attendent et que je ne peux tarder. Elle peut comprendre, elle a trois filles. Disons plutôt que trois filles ont cette mère. Dans cet ordre, j’ose espérer qu’elles viendront à bout de cette ravagée et qu’à tour de rôle, elles lui feront entrevoir une vieillesse douloureuse « incontinentement » enlisée sous sa merde. Pourquoi tant de violence, te diras-tu lecteur adoré ? J’y arrive mais à petits pas de danse, sans précipitation pour ne pas rompre le charme de ce récit et pour remplir le nombre suffisant de « signes » pour qu’éventuellement un éditeur s’y intéresse. Eh oui, l’épaisseur d’un bouquin, en ce vingt et unième siècle, n’est-il pas un label de qualité ?! Sans quoi, que seraient venus foutre dans le négoce du livre, deux Levy, une Nos Tombes, un Max Galop, des Jean Passe et des meilleurs !

Pathétiquement seule, derrière ses prothèse mammaires et ses yeux vitreux, Dominique Erreur s’approche de moi. Un sourire niais accroché aux babines lui ramollie la face qui « flasquettait » déjà sérieux. « Vous n’allez pas partir comme ça » bredouille-t-elle en m’infligeant une haleine viticole. « J’aurais aimé vous entretenir à propos de vos œuvres ».

Je mesure combien cette Fräulein aurait été prête à tout si nous avions été sous l’occupation. Une patriote en papillote. Une de celles qui, jamais, n’aurait manqué l’occasion de dénoncer une famille juive pour une place de théâtre en compagnie d’un vers de gris à la nuque rase, tendu comme le salut fasciste bien que croulant sous les décorations, et fier d’appartenir à la nation arienne. Le genre de type qui se faisait fort d’avoir une âme sensible aux arts et d’être capable de pleurer en écoutant Wagner.

En ce qui concerne notre demeurée, si cette association d’idée me vient soudainement à l’esprit, cela tient à ce que Carl Jung nomme l’inconscient collectif. Je crois fermement que chacun de nous porte en lui, et son propre vécu et celui de ses ancêtres. Les miens étaient juifs, nul n’est parfait.

Tandis qu’elle poursuit sa logorrhée et que d’effluves en effluves elle exhale la vinasse en se tortillant comme une cinglée convaincue que la guerre continue, j’envisage de sonder la bête... « Seriez-vous prête, si je vous le demandais, à rencontrer un grand artiste, très riche de surcroit, enfin un ami... proche de Jean-Marie Lapin » ? « Vous savez cet homme politique qui ne possède plus qu’un œil, faute d’en avoir fait don au Jewish hospital of Jerusalem pour sauver un enfant » ?

Notre Leni Riefensthal ne se fait pas attendre et s’exprime en ces termes : « s’il possède du talent, je ne vois pas pourquoi je m’interdirais de le rencontrer ». Lorsque je te disais, lecteur attentif, que me intuitions éveillées par ce je-ne-sais-quoi d’inconscient me révélait parfois les êtres dans toute leur horreur, tu pouvais me croire et peut continuer de le faire puisque, concernant ce petit monstre pervers, tu vas aller de surprises en surprises jusqu’à la solution finale, la sienne.

Ne souhaitant m’éterniser d’avantage dans ce cloaque nazifiant de peur de tous les embrocher au nom de ma liberté qu’ils obstruent, de l’égalité qu’ils ignorent en se croyant au dessus des autres de peur de se voir si bas et de la fraternité qu’ils élargissent très copieusement jusqu’aux plus hideux déchets de l’extrême droite, ne souhaitant pas collaborer, disais-je, je file vers des horizons bleus que recèlent mes pénates.

L’Erreur n’étant pratiquement plus humaine, elle s’écroule à nouveau sur le parquet en voulant me suivre bien que je ne le souhaitasse pas. La carne est à bout de souffle lorsque, me retournant dans la marche, je l’aperçois écumante, la face livide, les bras en croix au dessus de ses prothèses mammaires qui, faute de faire illusion en ce qui concerne des seins, ont le mérite d’amortir les chocs en cas de chute.

Le pire est que demain toutes ces loques, et l’Erreur en tête, diront combien il était " génial " d’être au vernissage du siècle. Magnus non est pumilio, licet in monte constiterit. (Sénèque)

Reprenons le fil de cette histoire pour l’achever et, avec elle, l’Erreur qui, me concernant, remis le couvert en téléphonant quelques jours plus tard. « Les cons, ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Entendez également les « connes », s’agissant de cette dernière qui, d’un timbre de voix emprunté à notre Macha Béranger nationale lorsque celle-ci sévissait encore sur les ondes radio phobiques, se rependit en excuses fumeuses de ne pas m’avoir salué lors de son départ de la fameuse soirée de vernissage. Ce à quoi, j’intercédais immédiatement auprès de la partie la plus atrophiée de son psychisme, cette matière relativement flasque contenu dans un habitacle principalement rigide qui a pour nom : le cerveau et plus précisément les neurones. Je lui remis en mémoire qu’en terme de départ, je m’étais calter avant elle, bien que psychiquement elle n’avait jamais été présente malgré les lois de la phylogénie auxquelles chaque bipède ne peut échapper sauf bien entendu l’Erreur génétique en question qui confirme la règle.

J’appris qu’en plus de ronger l’existence de ces filles, des pères respectifs et de tous les hommes qu’elle engluait, ce déchet ne cessait depuis des années, de tarauder sa propre famille avec son prétendu viol dont elle disait avoir été victime. Toujours dans le souci d’améliorer mes connaissances dans le domaine de la psychopathologie ainsi que dans celui de l’éthologie, je revis donc la bête, prétextant que cela me ferait plaisir. Apparemment toute « gaîte », je l’entendis blatérer pour me signifier son contentement et rendez-vous fut pris. Cela ne faisait pas loin d’une heure que d’une oreille et, par chance, que d’une seule, j’écoutais sa logorrhée me peindre un monde imaginaire qu’elle tentait de me faire avaler comme réel. Il faut dire qu’elle ouvrait aussi facilement la bouche qu’elle écartait les jambes et, c’est peu dire...

Il lui aurait été si agréable que j’adhère à sa mythomanie. Laquelle la présentait comme une pauvre victime, et ce, depuis qu’un oncle cochon, dés son plus jeune âge, lui bricolait le fondement vaginal de son être sexué, selon ses dires, cela va de soit. Je fis donc tout pour lui témoigner mon entière empathie, les yeux plongés dans l’abyssale crétinerie perverse de son regard de bovidé, en m’excusant auprès des animaux de cette espèce que j’adore observer, ruminant et chiant tout à la fois, sans pour autant attacher d’importance à ce que nous pouvons en penser, ce n’est pas rien un tel détachement tout de même !

J’allais jusqu’à risquer une petite larme sur le bord d’un de mes yeux pour lui laisser entendre l’insoutenable émotion dans laquelle je me trouvais. C’est à cet instant précis que la vache redoubla de vivacité, de volubilité, d’arguments improbables et avec l’application d’une épicière elle me livra des détails sur ce qu’elle prétendait avoir subit. Loin d’être traumatisée par un passé cruel, elle se délectait à rendre le plus glauque ce qu’elle n’avait jamais vécu. Je crus même un moment qu’elle allait m’exhiber quelques parties intimes comme preuves charnellement traumatiques... C’est fou ce que la maladie de la vache folle peut avoir fait comme dégât chez les esprits qui n’en possèdent aucun !






novembre 12, 2008

l'HUMANISME DE . . . IL N'Y A QUE TOI ET LES OISEAUX ...

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